Jour 463

Les Gothik ne sont pas encore définitivement derrière les barreaux mais tout le monde est d’accord pour dire qu’ils n’ont aucune chance de s’en sortir.

Depuis ce matin, la télé, les journaux, Internet, les passants … ne parlent plus que de ça.

Et les médias cherchent par tous les moyens de savoir ce qu’on en pense, nous les premières victimes de tous leurs actes odieux. Et surtout, les héros de leur arrestation. Les nouvelles vont vite dans le quartier.

Tout à coup, notre réputation n’a jamais été aussi bonne. Tout ceux qui nous avait tourné le dos veulent à nouveau entrer dans notre cercle. Ils viennent tous s’excuser un à un.

Mais ce n’est qu’un bande de vautours intéressés.

Moi, je suis loin de tout ça. Et puis j’avais un mariage à préparer. Et une journée pour faire tout ça, c’est plutôt court.

Maintenant que j’ai joué mon rôle, il n’y avait plus vraiment de raison d’attendre encore et tous les gens que voulais y voir sont déjà là autour de moi/

Tout le reste, ça ne me concerne plus et je ne veux plus vraiment en parler.

Alors on a tous enfilé notre plus belle tenue et on s’est réuni dans le jardin pour célébrer l’amour entre Clovis et moi.

J’aurais aimé que papa et maman soient là, pour partager notre bonheur, mais j’ai au moins ma soeur qui semble enfin en paix avec elle-même, prête à vivre pleinement sa vie et vraiment heureuse pour moi.

On peut dire qu’aujourd’hui était vraiment le plus beau jour de ma vie.

Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais maintenant je sais déjà ce qu’il ne sera pas. Misérable et sombre.

Fini la mission de libération du quartier. Il n’y a plus rien à libérer. Plus de situation à débloquer.

Il ne reste plus personne pour faire régner la terreur et le malheur

Fini la malédiction qui touche les femmes de la famille aussi. J’en suis la preuve. J’ai épousé l’homme que j’aime et plus rien ne peut nous arriver. Il n’y a pas eu de catastrophe pour nous séparer.

En tout cas, il est temps de tourner la page et de commencer un nouveau chapitre de cette vie.

C’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter d’écrire dans ce journal. Ceci est ma dernière contribution, mes derniers mots. 

Ce journal continuera à passer de génération en génération, comme preuve de notre incroyable épopée depuis l’arrivée de notre ancêtre dans le quartier. Un témoin de toutes ces choses formidables que nous avons accomplies ou les évènements tragiques que nous avons traversés.

Nos joies, nos peines seront dévoilées à chaque curieux qui parcourra ces pages. 

Mais comme toute histoire, elle doit avoir une fin.