Jour 210

Soulagé. C'est tout ce que je peux dire de cette journée. J'ai enfin eu un peu de temps pour moi, mais aussi quelques jours pour réfléchir à ce que j'allais faire. Et finalement, j'ai décidé par ne pas commencer à aller confronter cette vieille sorcière de Demona. Parce qu'en y réfléchissant, pourquoi elle aurait faire quelque chose à Aurélie ? Pour nous punir de ce que tonton Ned et Julien ont fait de son empire familial ? 

À quoi ça sert quand on ne l'a même jamais rencontré, Et elle sait qu'on a le pouvoir de répliquer si on a ne serait-ce que le moindre petit soupçon. Légalement ou pas. La faire disparaître à son tour ne serait pas un problème. Si on exclut l'organisation sécrète super puissante dont tonton Julien parlait.

Mais entre nous, je n'y crois pas vraiment. Parce que depuis qu'ils ont repris les rênes, la région se remet quand même vachement plus vite. On ne vit pas encore dans le luxe, mais la vie reprend. Peut-être que dans quelques années on aura retrouvé le niveau de vie d'avant la catastrophe... Bref, au lieu d'aller perdre mon temps et même si ça m'aurait sacrément défoulé, j'ai préféré partir à la recherche d'Aurélie. Elle était forcément quelque part.

J'ai commencé par le parc. C'est assez grand pour pouvoir s'y cacher et passer inaperçu. Mais elle n'y était pas.

Alors j'ai fait un saut par le centre ville. Le gouvernement y avait fait construire récemment quelques lieux communautaires, je me suis dit qu'Aurélie viendrait peut-être s'y détendre. C'est idiot de se dire ça, je sais. Parce qui viendrait dans un endroit bondé si il essayait de se cacher ?

Après avoir fouillé les moindres recoins, je me suis dit qu'il était temps de rentrer. Aurélie n'était nulle part. Elle avait peut-être quitté la région ? Mais pourquoi ?

Et c'est là que je l'ai vue. J'ai couru pour la rejoindre. Mon cœur battait à cent à l'heure et je ne savais pas trop ce que j'allais dire.

Mais je n'ai pas eu besoin de dire quoi que ce soit. Quand elle m'a vu, elle a fondu en larmes et elle m'a tout expliqué.

Elle a pris peur tout simplement. Peur de tout ce que je lui ai raconté sur moi et ma famille. Peur de se retrouver mêlée à tout ça, et par extension, de mêler sa famille à tout ça. Parce que si ce n'était que des histoires que je lui ai raconté, quand elle s'est rendu compte que ça allait devenir son quotidien, elle a paniqué. Et elle m'a fui.

Mais elle a regretté tous les jours sa décision. Et chaque jour qui passait, elle se disait qu'elle allait revenir et me demander pardon. Mais elle avait peur que je la rejette alors elle repoussait toujours. Et plus elle repoussait, plus elle avait peur et plus elle repoussait encore plus.

C'est fou quand on se dit que ça ne fait quelque jours.

Mais qu'elle se rassure. Je la comprends et je lui pardonne tout. Parce que j'ai toujours su que c'était la femme avec laquelle je voulais passer le reste de ma vie, et je veux toujours.

Avec ces simples mots son visage tout triste s'est illuminé.

Alors j'ai pris sa main dans la mienne est on rentré chez nous, ensemble, enfin.