Jour 248

Comme quand j'étais petit, Olivia est bien trop jeune pour se rendre compte de la gravité de la situation. Comme moi, elle ne gardera qu'un vague souvenir de sa tante Circée.
Mais elle a bien compris que les jumeaux ne sont pas dans leur assiette.
Alors en parfaite petite fille qui transpire la joie de vivre et qui n'a pas encore été témoin de toutes les horreurs de la vie, elle essaie de leur remonter le moral à coup de grimaces et d'histoires drôles. 
On ne peut pas dire qu'ils soient vraiment bon public, mais elle ne se décourage pas.
Et c'est  moi d'essayer de lui expliquer avec des mots simples, pour ne pas la brusquer ou la vexer, que ce n'est pas elle le problème et que les jumeaux ont besoin d'un peu de temps pour se remettre du départ de leur maman. 
Je n'ai pas pu encore me résoudre à lui expliquer où elle était partie. Je crois que moi aussi j'ai besoin d'un peu de temps pour se remettre.
Et ça risque de ne pas être facile.
Dès que je pense à ma cousine, je pense tout de suite qu'Aurélie sera sûrement la suivante et qu'ensuite, je serais tout seul.