Jour 261

Ça, c'est ma tête ce matin quand je suis entrée dans la salle de bain de l'étage pour me préparer. Et ce n'est pas à cause de l'évier qui s'était encore une fois mystérieusement cassé. J'arrête pas de le répéter, on est pas tous seuls à la maison et les esprits de tous ceux qui sont passés avant nous ère la nuit dans la maison pendant que tout le monde dort. 
Et parfois, pour passer le temps, ils cassent des trucs. 
Personne ne me croit, mais comment ils expliquent que la plomberie lâche si souvent alors ?
Donc, si je faisais cette tête, ce n'est pas à cause de l'évier, ni à cause de l'énorme flaque d'eau au milieu de la pièce qu'il va encore falloir éponger. Non, ma tête c'est parce que je venais de trouver papa, allongé sur le sol, sans vie. Il s'est sûrement levé pendant la nuit pour se soulager, et paf !
Ça vous prend n'importe où et n'importe quand ce genre de chose. Mourir, je veux dire. Et puis  côté de lui, il y avait ce journal.
Je trouve ça cool qu'autant de monde ait écrit dedans avant moi. Je suis sûre que papa aurait voulu qu'on continue, alors je vais essayer de faire de mon mieux.
Je sais que je n'ai pas l'air trop triste du départ de papa mais c'est parce qu'on a eu une conversation tous les deux et qu'il m'a dit de pas être trop triste quand il partirait parce qu'il allait rejoindre maman et que c'est ce qu'il voulait.
Alors j'essaie de ne pas trop y penser. À la place, je le dit qu'on a eu de la chance qu'il n'ait pas eu le temps d'atteindre les toilettes.