Jour 15

Le travail et l'entraînement ont eu raison de Sonia. Elle s'est effondrée sur la lit à peine rentrée, sans même avoir pris la peine de se changer ou de se glisser sur les draps.  

Je me demande à quoi elle rêve. De nous peut-être ? Notre famille.

Je me demande si elle veut d'autres enfants. Avec moi. Ou est-ce trop douloureux après l'abandon des siens ?

Mais j'imagine déjà, le fruit de notre amour illuminer de sa joie de vivre et de son innocence cette triste cabane qui nous sert de maison. Ses grands yeux gris ou marrons, sa chevelure brillante d'un noir de jais. Son sourire, qui rappellerait celui de sa mère. Il ou elle n'est pas encore là mais je l'imagine déjà parmi nous. Aussi réel que Sonia, encore un lointain rêve il y a quelques jours, l'est maintenant, couchée sur notre lit.

Il faudrait que je lui parle, mais le courage me manque. Nous sommes encore jeune et nous avons la vie devant nous pour y penser.

D'un autre côté, est-ce bien raisonnable de mettre au monde un nouvel être alors que celui-ci sombre dans le chaos ?

Je mets cette pensée dans un coin de ma tête et j'attendrai le moment propice pour mettre ce sujet sur la table.