Jour 51

Nous avons enfin pu acheter un nouveau lit hier. Julien a donc passé une première vraie nuit de sommeil chez nous pour affronter la semaine qui commence. Et quelle semaine !

Il n'aura même pas fallut un jour pour que l'organisation de mon monde telle que je me l'a représentée dans ma tête s'effondre comme un château de carte. 

Il n'y a plus ni bien ni mal, ni blanc ni noir, mais que du gris. Partout.

Tout a commencé ce matin. Je traitais quelques dossiers sur lesquels on m'avait demandé de jeter un œil lorsque que j'ai reçu un email. Les services de renseignements étant les seuls à avoir les ressources nécessaires pour mettre en place un réseau de communication, cela ne pouvait signifier qu'une chose : mes supérieures ou un collègue avait besoin de moi.

J'ai donc lâché ce que je faisais pour inspecter le contenu de ce message. 

Et j'ai du réprimer un cri de surprise pour ne pas éveiller les soupçons.

Ce message avait été envoyé par une source anonyme et ne possédait aucun objet. Qui donc avait pu réussi à l'envoyer sans faire sonner une alarme sur les serveurs d'envoi du Bureau ?

Son contenu était encore plus intriguant. Une seule phrase accompagnée d'un lien vers un serveur   dont  je reconnaissais l'adresse comme étant celle d'un des serveurs que les rebelles avaient réussi à détourner pour leur propre utilisation. Le message disait : "Je pense que ceci pourrait vous intéresser". 

Se pouvait-il que les rebelles aient réussi à hacker le réseau de communication et souhaitaient me démontrer leur tour de force ? 

Peut-être que les fichiers qui se trouvaient sur le serveur à l'adresse indiquée pourrait m'en dire plus ? J'ai donc cliqué sur le lien mais l'ordinateur m'a immédiatement demande un identifiant pour pouvoir accéder à son contenu. J'ai saisi ceux que les rebelles m'avaient fournis mais sans succès.

J'ai alors remarqué que le message contenait aussi plusieurs pièces jointes. 

J'ai donc ouvert la première d'entre elle qui contenait deux mot : "CaGoth" et une suites de chiffres et de lettres. Cela ressemblait furieusement à ce que je cherchais.

L'identifiant m'a tout de suite intrigué. Il était construit de la même manière que ceux attribués par le bureau et ne pouvait appartenir qu'à une seule personne. Cassandra Gothik, la fille de Sonia. Se pouvait-il qu'elle aussi travaille pour les renseignements et les rebelles ? Cela expliquerait bien des choses. Comme la facilité qu'elle avait eu à nous retrouver et sa disparition soudaine. Elle était sans doute en mission et ne pouvait prendre le risque de perdre sa couverture. Était-ce elle qui m'avait envoyé ce message ? 

C'est avec un poids en moins sur le cœur que j'ai entré les identifiants pour accéder au serveur. Et tout ce que je pouvais espérer s'y trouvait ! J'avais de quoi faire tomber le gouvernement et ramener un peu d'ordre dans notre région. 

Au fur et à mesure de mes lectures, j'ai appris une vérité bien plus terrifiante. Cassandra a fait un excellent travail. Peu importe la manière de tourner les choses, une seule conclusion s'imposait : le gouvernement et les rebelles ne forment qu'un seul et même groupe dirigé d'une main de fer par nulle autre que Vladimir Gothik. La bataille entre les deux groupes n'étant qu'une mise en scène pour donner l'illusion d'une deuxième force et éviter les soulèvements.

Et je suis tombé dans le panneau comme tout le monde. On m'a sûrement proposé de rejoindre les rebelles pour me faire taire et ralentir mes recherches de la même manière qu'on a freiné Sonia dans sa carrière. Un moyen pour Vladimir de la contrôler en nous donnant un sentiment de sécurité.

J'ai ouvert les dernières pièces jointes et mon cœur s'est arrêté de battre. Il s'agissait d'une série de photo sur lesquelles on voyait clairement Alexandre et un groupe d'hommes transporter un corps sans vie. Sur une des photos, on pouvait clairement voir le visage de la victime. Il ressemblait trait pour trait à celui de Cassandra.