Jour 92

Ma conversation avec maman m’a au moins permise d’y voir plus clair sur deux points. 

Le premier : je ne peux pas continuer à me taire. Le silence peut faire bien plus de mal que les mots. 

Le deuxième : je crains que j’aime Florent bien plus que je n’aime Julien. Le destin est cruel. Il m’a fait rencontré cet homme qui semble être celui que j’attendais au moment où j’avais décidé de rendre les armes et de donner à Julien ce qu’il voulait. Je n’ai pas encore décidé de ce que j’allais faire mais je veux au moins qu’il soit dans la vie de son enfant.

Si les choix de ma mère m’ont appris une chose, c’est que plus on attend pour prendre une décision, plus les conséquences sont terribles.

J’ai donc pris le taureau par les cornes.

La première chose que j’ai faite est de demandé à Florent de passer à la maison à sa sortie du boulot. Julien finit un peu plus tard que moi, j’ai donc eu tout le loisir de lui apprendre l’heureuse nouvelle. Et de le lui annoncer mes intentions de tout raconter à Julien.

Il a décidé de rester avec moi malgré ses objections. 

Je pensais que sa présence ne ferais qu’empirer les choses et il pensait que Julien réfléchirait plus calmement si je n’étais pas toute seule pour lui annoncer la nouvelle.

Et finalement, je suis bien contente qu’il soit resté.

Julien n’a pas crié, il ne s’est pas énervé. Il a juste jeté un regard dégouté à chacun, s’est levé sans rien dire et est parti faire un  tour.

Le silence est vraiment pire que tout.