Jour 285

Je connais au moins une femme qui aura sa fin heureuse et c'est celle qui décidera de passer le reste de sa vie avec mon neveu.
Il est devenu un superbe jeune homme, parfait mélange de ses deux parents, en plus d'être un parfait gentleman. Ça va se bousculer au portillon pour avoir ses faveurs. 
Espérons que ça ne lui monte pas à la tête et qu'il n'oublie pas ses bonnes manières !
Pour ma part, je suis encore à la recherche de l'homme parfait, même si je ne suis plus aussi sûre de le vouloir. Et plus aussi sûre que je le fais pour les bonnes raisons. Avec six personnes pour s'occuper de lui, est-ce que mon enfant ne recevra pas assez d'amour pour pas ne pas regretter l'absence d'un père dans sa vie ? Un père qui ne voulait même pas de lui. 
Et puis même si je trouve quelqu'un, qu'est-ce qui l'empêchera vraiment de ne pas se sentir rejeté et abandonné par cet homme qui n'a jamais voulu de lui ?
Si on m'avait dit que grandir et devenir adulte était aussi compliqué, j'aurais tout fait pour que ça ne m'arrive jamais.
Avec tout ça, c'est de plus en plus dur d'aller au travail avec le sourire et surtout de se mettre dans le bon était d'esprit pour faire rire les autres. En ce moment, je serais bien meilleure dans le rôle du clown triste. Mais il fait croire que le malheur et la détresse plaît. Je continue mon petit bonhomme de chemin jusqu'au sommet, doucement mais sûrement. 
Mais je refuse que ça devienne ma marque de fabrique. Je vais me reprendre.
Et puis, ça devrait aller mieux quand j'aurais accouché, mon état n'arrange certainement rien. Toutes ces hormones qui agissent sur mon humeur ne doivent pas la rendre plus stable mais au contraire décuplés tout ce que je ressens, jusqu'à exagérer mes réactions.