Jour 321

En plus d'entretenir son potager, Damien a décidé de se lancer dans un autre projet d'envergure. Las de voir la maison envahie des urnes de nos ancêtres dont on ne savait plus trop quoi faire, il s'est mis en tête de leur réserver un petit coin de verdure dans le jardin pour qu'ils puisse reposer en paix. Et j'avoue que c'était un peu déprimant de les avoir tout autour de nous.
Ça lui a pris du temps, mais il est enfin arrivé à un point de l'aménagement de notre propre cimetière personnel où les tombes peuvent enfin être installé sans crainte d'être retourné par les travaux. 
Il a sélectionné et posé chaque pierre du mur qui l'entoure, planté et arrosé le gazon et les plantes qui s'y trouve avec amour et gravé des pierres tombales pour chaque membre disparu de la famille. Il a même pensé à en faire une un peu spécial pour notre aïeul d'un autre monde.
Et puis il a pris toutes les urnes de la maison, les a placées dans des coffres spécialement construits par l'occasion (encore par lui-même) et les a enterré au pied de leur pierres respectives.
Et tout cas, il l'a fait tout seul, sous le soleil ardent, pendant qu'on était ailleurs à gagner notre vie ou à engranger des nouvelles connaissances sur les bancs de l'école. On ne pourra plus dire qu'il se la coule douce à la maison pendant qu'on est pas là.
Il était fier comme un coq quand il nous a présenté le fruit de son dur labeur. Et nous, du coup, sérieusement impressionnés. Ce ne sont pas les pyramides de Al Simhara, mais c'est c'est un endroit quand même plutôt agréable pour reposer en paix.
Bien sûr, je ne sais l'as vraiment si je vais profiter de la vue une fois partie dans l'autre monde, mais au moins ceux qui viendront me rendre visite auront le plaisir de le faire dans un cadre agréable. Et puis la maison ne sera plus un musée à la gloire de nos ancêtres, avec en guest stars nos ancêtres eux-même où chaque recoin nous rappelle la disparition d'un être cher.
Après la petite visite, j'ai indiqué à Damien où je voulais qu'il me m'installe. Parce que soyons
 honnêtes, je n'en ai plus vraiment pour longtemps, alors autant commencer à se préparer.