Jour 324

Elisa veut vraiment se convaincre qu'elle a eu raison de refuser d'aider sa mère. Et avec un plan qui part en fumée et sera sans doute perdu à jamais, il va falloir une bonne dose de conviction pour effacer la culpabilité. 
Je ne lui en veut franchement pas, après tout, chacun est libre de vivre sa vie comme il l'entend, mais elle pourrait au moins faire passer ce que sa mère avait préparé, histoire que quelqu'un puisse prendre la suite s'il en a envie.
Si j'en crois ce journal, la famille n'a vraiment pas peur de prendre son temps pour arriver à ses fins. Ça pourrait très bien être la nouvelle mission. Trouver quelqu'un qui veuille bien se dévouer pour mener à bien un projet imaginer plusieurs décennies plus tôt. 
Enfin, j'espère que ce ne sera pas plusieurs décennies quand même, ça fait long.
Au lieu de ça, Elisa est dehors, dans la rue, à discuter avec les hommes potables qu'elle croise. Heureusement, il n'y en a pas beaucoup, les voisins, s'il y en avait, finirait par croire qu'elle est désespérée.
Et peut-être qu'elle l'est. D'après ce que je j'ai lu, c'est plutôt compliqué pour nous, les filles, par ici. Si j'avais su, je serais restée dans mon coin.
Alors il va lui falloir une sacrée dose de courage et de persévérance pour prouver à sa mère qu'elle avait raison et qu'elle n'était pas prête à sacrifier son bonheur pour se consacrer à venger des hommes qui étaient plus proches de moi que d'elle. Même s'ils l'ont pratiquement élevée. 
Chacun ses priorités, comme on dit