Jour 340

Elisa a plutôt bien réussi à cacher sa grossesse. Heureusement, de nos jours, ça ne dura pas aussi longtemps qu'avant et c'est sûrement quelque chose qui restera comme ça à jamais.
D'un côté, c'est plutôt un avantage certain quand on essaie de repeupler la planète.
Bref, maintenant qu'elle a accouché d'un petit garçon, elle a été obligée de tout dévoiler. Mais elle ne veut tellement pas dévoiler l'identité du père, qu'elle a décidé de raconter un énorme mensonge. Selon la version officielle, William est le produit d'une insémination artificielle. 
Ce n'est pas bête comme idée, j'aurais presque pu y croire si elle ne nous avait pas avouer la vérité. Et après le coup de fil suspect que je l'ai surprise à passer juste après la naissance, personne d'autre ne la croirait non plus. Parce que soit elle a un amant secret, soit elle aime vraiment beaucoup son médecin. Ou son médecin est son amant.
Et dans tous les cas, l'insémination n'a sûrement pas été très artificielle.
Mais peu importe, c'est sa vie après tout. Je suis plutôt mal placée pour juger. Le père de mon fils n'est toujours pas au courant de son existence. Et c'est peut-être pas plus mal maintenant que j'y pense. S'il s'intéressait tellement  moi et à ma nouvelle vie, comme a-t-il pu passer à côté du fait que j'avais un fils ? 
Bref, j'espère juste qu'elle sait ce qu'elle fait. Parce que c'est ce petit gare qui va en subir les conséquences. Et quand on possède tout ce qu'elle possède et qu'on dirige une des entreprises les plus puissantes de la région; tout prend forcément des proportions démesurées. Les gens n'hésiteront sûrement pas  laver son linge sale en publique. 
Sans compter les Gothik qui seraient bien content de voir les nom des Touguézeur traîné dans la boue, comme mon oncle l'a fait pour eux. Ils ne laisseront jamais passer cette occasion en or.