Jour 348

À côté d'Elisa, la vie amoureuse de Clara semble tellement simple. Son copain a beau vivre  des milliers de kilomètres, au moins, elle est la seule femme de sa vie.
Et ces ceux là, ils iront loin, même si ça ne sera pas l'histoire parfaite que tout le monde attend.
Mais quand je vois ce qu'ils sont prêts à endurer l'un pour l'autre, je me dis que finalement l'amour ne prends pas toujours la forme que l'on attend de lui. Et surtout, ça ne rend pas toujours heureux.
Ce qui compte vraiment, ce sont tous les moments passés ensembles. Et si on ne regrette rien et qu'on n'échangerait tout ça pour rien au monde alors c'est largement suffisant. 
Et si cette malédiction n'en était pas une ? Si c'était juste une invention de femmes un peu trop fleurs bleues qui étaient tellement fixées sur une définition du bonheur datée et stéréotypée qu'elles n'étaient même plus capable de voir ce qui était devant elles et de l'apprécier ?
Mais bon, qui suis-je pour les juger ? Sans ces femmes, je ne serais même pas là.
Tout ça pourrait presque me faire revoir ma position sur Elisa et son homme, une histoire si triste et si dangereuse à la fois. 
Toutes les histoires d'amour ne sont pas parfaites, loin de là, mais certaines le sont encore moins que d'autres.
Je me demande comment il fait pour regarder sa femme, et ses enfants peut-être, quand il rentre tous les soirs. Comment il fait pour l'embrasser, tout en pensant à cette deuxième famille qui l'attend ici. Et comment il peut encore se regarder dans un miroir en sachant qu'il joue avec les sentiments de tout ce monde. 
Et Elisa ? Quand elle dîne,seule, ou qu'elle aide William à faire ses devoirs, seule encore une fois, est-ce qu'elle l'imagine en train de faire la même chose avec sa famille officielle ? Est-ce qu'elle imagine un monde où ce serait elle qu'il embrasse tous les soirs ? 
Un jour, ils seront obligés de répondre de leurs actes et ça ne sera pas beau à voir. A ce petit jeu, il y a toujours un perdant. 
Elisa voulait être heureuse, la plus heureuse même. Elle finira sans doute la plus malheureuse.
Et elle nous entraînera tous dans son sillage.