Jour 312

Aujourd'hui, la famille a accueilli un nouveau membre et un nouvelle inattendue a offert un chemin tout tracé à ma fille qui cherchait sa voie.
Elodie a donc finalement mis au monde un fils pendant la nuit. Pour rendre hommage à son père, son oncle et sa grand-mère qu'elle n'a pas vraiment eu le temps de connaître, elle a décidé de l'appeler Achille, piochant elle aussi dans la mythologie pour trouver un prénom. Et par la même occasion, elle s'assure de rester à part, comme une erreur que personne n'aurait chercher à corriger.
Curieusement, même après cet évènement, elle refuse toujours de parler du père. J'ai tenté plusieurs fois depuis son arrivée et je me heurte toujours au même mur. Alors quand j'ai proposé de le contacter pour lui annoncer la bonne nouvelle, ça n'a pas été différent.
On dirait qu'elle n'a pas échappé à la malédiction, même en grandissant le plus loin possible de nous. Est-ce que c'est pour ça que sa mère l'a élevée dans le plus grand secret, coupant tous les ponts avec Ulysse.
Se pourrait-il qu'elle a connu la même mésaventure que moi et que le père refuse tout contact avec elle depuis qu'elle lui a appris la nouvelle ?
Quoi qu'il en soit, elle n'a pas encore l'air prête à en parler. Alors je l'ai laissée profiter de son petit ange en paix. Quand elle voudra, qu'elle sera prête, elle sait au moins qu'elle pourra venir m'en parler.
D'autant plus que j'avais une autre "crise" à gérer. Le testament d'Ulysse a enfin était ouvert et en plus de nous laisser toute sa fortune, il a décidé de laisser la tête de l'empire familial fondé par sa mère à ma fille.
Entre Elisa et toutes les personnes dix fois plus qualifiées qu'il connaissait, il a porté son choix final sur ma fille. Parce qu'il aurait bien aimé en avoir une lui même et qu'il voulait honorer la mémoire de sa mère en plaçant à nouveau une femme à la tête de la société.
J'avoue que j'étais plutôt mal pour Elodie.
Toutes les choses qui auraient du lui revenir de droit, partagées entre nous, et pour elle, rien. Et surtout pas la tête de l'empire familial.
Mais on ne peut pas en vouloir à Ulysse, il ne connaissait pas son existence. Enfin, je crois. Mais je préfère me dire ça. De toute manière, on ne saura jamais.
Malgré tout ça, Elodie a eu l'air de bien le prendre. Tout ce qui lui importe aujourd'hui, c'est son enfant. Le reste attendra.
Et puis je sais que la vie de bureau n'est définitivement pas ce qu'Elisa imaginait que sa vie serait, elle peut toujours refuser le poste. Le chemin est long jusqu'au sommet. Je ne sais pas si elle aura la patience et l'envie de gravir ses échelons. Parce que bien sûr, les conditions sont les mêmes que lors de la succession de Circée. Pas question de commencer en haut de l'échelle. Elle devra prouver qu'elle est capable de gérer et apprendre en pratiquant. 
Et si elle venait à refuser, dans ce cas, il serait naturel de proposer le poste à la descendance directe d'Ulysse.
Bref, la vie, c'est plutôt compliqué. Surtout la nôtre en fait. Et ça n'a pas l'air de vouloir s'arranger.