Jour 440

Un jour, j'espère que je pourrait donner des enfants à Clovis. Et quand je dis pourrais, je veux dire trouver le temps. Et surtout le trouver à un moment où ils ne courront aucun danger.
Et je ne vois qu'un seul moment pour ça, quand le reste de sa famille sera définitivement derrière les barreaux. 
Le problème est que je ne sais pas combien de temps il va encore me falloir. Je ne sais pas ce qui m'attends après la première étape. Et si je serais à la hauteur pour faire ce qui doit être fait le moment venu.
Ça pourrait prendre encore des mois. Voir des années. Toute une vie même.
Quand je le vois avec le fils de Léonard, je me dis que Clovis ferait un si bon père. Mais je le privé de ça avec nos manigances et nos vengeances. Il n'avait rien demandé et il a été entrainé dans tout ça malgré lui. Et maintenant, il regarde les années défiler et les autres vivre son rêve de fonder une famille.
Heureusement, on est pas non plus une famille modèle et on n'invite pas beaucoup au rêve. Et la sienne non plus. Alors le dysfonctionnement, ça le connaît et il accepte notre situation sans broncher. 
Et puis il y a aussi la mini-mission qu'il s'est fixé pour gagner définitivement les faveurs de papa. Se défoncer pour prouver qu'on est capable de diriger une entreprise, ça prend pas mal de temps et d'énergie. 
Entre la saisie de rapports, les réunions et les cours d'expression, il n'a pas une minute pour s'arrêter et penser à ce que pourrait être sa vie s'il avait des enfants.
Le mieux qu'il puisse faire, c'est de s'occuper de ceux des autres quand il a gagné le droit de se poser cinq minutes.
C'est toujours plus facile de s'occuper de ceux des autres. On a tous les avantages, sans les inconvénients et on ne fait que des trucs amusants.
Même si parfois, on se met à rêver de ce que ça serait si c'était les nôtres