Jour 459

J'ai juste eu le temps d'annoncer à papa qu'on tenait enfin les Gothik, qu'il s'est effondré sur le sol, pour ne plus jamais se relever. 

J'exagère un peu, pour l'effet dramatique. Mais c'est pratiquement ce qu'il s'est passé.

Il a vécu un jour avec cette information en tête. Un jour pour profiter de ce sentiment d'achèvement et cette joie intense. Le plan que mon arrière-grand-mère avait imaginé a enfin porté ses fruits et qu'on allait enfin pouvoir se débarrasser des Gothik et puis il est parti. 

Comme si finalement, il a décidé que c'était suffisant et qu'il n'avait pas besoin, d'en voir plus. L'idée qu'on allait enfin être en sécurité pour le restant de nos jours était sans doute assez. Et il devait être convaincu que j'avais réuni des preuves solides et qu'elles allaient forcément conduire à l'emprisonnement de cette famille malveillante qui nous a causé tant de peine.

Mais quand même... Nous laisser comme ça, tous seuls, si près du but. Alors qu'il aurait pu rester pour profiter de l'expression sur leur visage alors que les barreaux se referment définitivement sur eux.

Et puis surtout, c'était le seul à qui j'ai annoncé la bonne nouvelle. Le seul en qui j'avais vraiment confiance et sur qui je comptais pour m'aider à mettre le doigt sur ce que je pouvais bien oublier.

Mais tout ce qu'il a essayé de faire, c'est de me convaincre d'en parler aux autres, et que tout ensemble, on pourrait y réfléchir et trouver une solution.

Il était sûr et certain que le problème ne venait pas de moi, ni de quiconque sous ce toit, mais bien d'un manque de préparation. On avait jamais pensé être là aussitôt, et on était pas assez prêts. 

J'avais juste besoin que lui me rassure, et maintenant il n'est même plus là pour ça.

J'imagine que je n'ai plus vraiment le choix maintenant et que je n'ai plus qu'à respecter ses dernières volontés et à aller annoncer la bonne nouvelle aux autres, une fois qu'on aura tous eus le temps de faire le deuil de cet homme très important dans nos vies à tous.