7. Premier pas

«  Tiens, T’es de retour ? » 

«  Oui, il était plus que temps je pense. » 

«  Tu l'as dit, j'ai cru que tu m'avais abandonné. Faut pas me laisser comme ça sans prévenir. »

«  Je pensais que ça t’aurais fait plaisir de pas m’avoir dans les pattes tout le temps à critiquer ce que tu fais. »

«  Au début, oui. Après j’ai pensé que tu l’avais peut être remplacé avec quelqu’un d’autre. » 

«  Mais non, j'ai bien assez à faire avec toi pour passer à autre chose. Et puis j'ai trop investi pour te laisser tomber et recommencer autre part. Et puis si cela devait arriver, j'aurai au moins la courtoisie de te prévenir avant. Alors que c’est-il passé pendant mon absence ? » 

«  C’est tout ? »

«  C’est tout quoi ? » 

«  Pas d'excuses ? Parce que même si tu ne m’as pas abandonné pour toujours, tu peux pas revenir comme ça et me demander ce que tu as manqué ! » 

«  D'accord, d'accord. Je m'excuse. Cela te va ? »

«  J’imagine que je n’aurai pas mieux… »

«  Non, c'est tout ce que tu auras. Alors tu me racontes ? »  

«  Ok, ça te dérange si je rentre d'abord ? Je commence à geler ici. »

«  Quelle idée de rester comme ça assis dans la. neige. Je vois que tu choisis toujours l’endroit parfait. » 

«  Et je vois que tu n’as pas changé. » 

«  Alors ? Tu as revu ta Rosaria ? »

«  Oui plusieurs fois. »

«  La première fois par hasard, dans un bar. On a fini la soirée dans la piscine. »

«  Par ce temps ? »

«  Elle était chauffée. »

«  Et vous aviez prévu de quoi vous baigner en plein hiver ? »

«  Ben comme on avait rien pour, on a fait sans. »

«  Au deuxième rendez-vous ? Tu n’as pas l’impression d’aller un peu vite ? » 

«  Pas du tout. Tu sais, je crois que c’est la bonne, alors maintenant ou plus tard, ça n’a pas vraiment d’importance. »  

«  On peut voir les choses comme ça. Vous avez fait quoi d’autre ? » 

«  Pas grand chose, il était tard donc on est rentré après s'être donné rendez-vous un autre jour. Un vrai rendez-vous cette fois, planifié et tout. Tu vois, je ne l’ai pas fait fuir. » 

«  Au moins on est sûr que ton physique lui plait… » 

«  Bon et ce deuxième rendez-vous ? Tu l’as amenée où ? » 

«  Au festival. Il y a plein de choses à faire en hiver là bas. Y a une patinoire, un spot de surf, … » 

«  Il faudrait penser à aller autre part de temps en temps. Mais bon, un petit tour sur la patinoire peut suffire à la faire chavirer. » 

«  Même pas besoin, elle était plutôt contente de me retrouver. Elle m’a pris dans ses bras dès qu’elle m’a vu. » 

«  Peut-être qu’elle avait seulement très froid ? » 

«  Très drôle. »

«  J’imagine que vous avez un peu papoté, tu lui as fait quelques compliments, … et c’est dans la poche ? » 

«  T'es aussi pressé que ça ? On a pris notre temps. Alors oui on a discuté mais on a aussi fait quelques activités avant de conclure… » 

«  Ah ! Je le savais ! » 

«  J'avais pas fini. Je disais donc.... Avant de conclure la soirée. »

«  Et elle s’est conclut comment cette soirée ? » 

«  J’y viens. » 

«  Donc on a commencé par faire un peu de patin. Comme c’était la première fois, Rosaria m’a un peu aidé. » 

«  Facile pour elle, elle flotte littéralement au dessus de la piste. Pratique pour éviter les gamelles. Il faudra d’ailleurs qu’on m’explique à quoi ça sert d’aller faire du patin si les patins ne touchent pas la glace. »

«  Toujours autant doué pour pourrir mes souvenirs. »

«  Je ne fais que soulever ce qui est évident. » 

«  Un jour, je te renverrais l’ascenseur. » 

«  J'ai hâte de voir comment tu vas t'y prendre. Ça risque d’être difficile de mettre la main sur un de mes souvenirs. » 

«  J’en fais mon nouveau but ultime dans la vie » 

«  Comme si tu n'avais pas déjà assez de buts ultimes dans la vie. Contente toi de réaliser d’abord ce qui est déjà dans ta liste. » 

«  Tu peux te moquer, je t'aurais quand tu t'y attendras le moins. Tu as peur, je le sens. »

«  Si cela nous permet de continuer, d'accord j'ai peur.... Alors il s'est passé quoi ensuite. »

«  Ensuite ? Pendant que Rosaria est parti se repoudrer le nez, j’ai été draguer la blonde à lunette qui était en train de faire du patin avec nous sur la piste. Elle avait l’air seule et perdue, je me suis dit que c’était le moment d’agir. Et puis comme ça si ça ne passe pas avec Rosaria, j’aurai toujours cette solution. Un peu comme une roue de secours. »

«  Premièrement : quoi ? Et deuxièmement : depuis quand parles-tu comme ça ? Qu’est ce qu’il c’est vraiment passé pendant que je n’étais pas là. »

«  Si tu voyais ta tête maintenant ! Je t’ai bien eu. »

«  Ah, ah, très drôle. Après tu fais ce que tu veux mais Rosaria a l’air très bien. Ça serait dommage de la perdre pour une blonde au teint un peu vert. »

«  Attends, comment tu sais qu’elle a le teint un peu vert ? »

«  Ce n’est pas parce que je ne suis pas là que je ne vois rien. »

«  Ça sert à quoi que je te raconte tout alors, si tu sais déjà ? »

«  Si tu n’étais pas en train de me raconter, comment est-ce que je pourrais faire mes petits commentaires par-ci par-là. Cela serait vraiment dommage que tu manques ça. »

« Ah oui effectivement, je serais dévasté. Je te déteste tu le sais ? »

« Oui tu me l’a bien assez répété. Bon, tu m’expliques ce que tu faisais vraiment avec cette blonde ? »

« Tu ne le sais pas déjà ? »

« Si tu me l’expliquais avec tes mots ? »

« Uniquement si ça me permet d’avoir la paix par la suite. Je voulais juste impressionner Rosaria, et la blonde avait l’air de bien se débrouiller alors je lui ai demandé si elle pouvait m’apprendre quelques trucs. » 

« Et tu t’en ai bien sorti ? »

« Je me sens complètement ridicule de devoir te raconter ça alors que tu le sais très bien. »

« Allez, s’il te plait ! Pour me faire plaisir. »

« Tu crois vraiment que j’ai envie de te faire plaisir ? »

« Je crois que tu as un bon fond et que tu aimes bien raconter ta vie et te vanter de tes exploits. C’est dans ton sang, tu es un artiste. Tu vis pour être admiré et applaudi.»

« Donc, puisque qu’il le faut. Je ne me suis pas révéler très doué, du coup j’ai tenté le snowboard. »

« Plus dans tes cordes j’imagine. Cela nécessite moins de grâce que le patin à glace. »

« Tu insinues que je ne suis pas gracieux ? »

« Non pas du tout, mais vu ta stature, cela parait plus naturel de te voir faire un sport un peu plus « intense » que le patinage. Pas ce que cela ne soit pas intense non plus, c’est juste que je t’imagine plus sur une planche que faire des pirouettes sur la glace dans ton habit de lumière. »

« Dis comme ça, ça semble effectivement moins attrayant. Mais tu n’as pas tord, je préfère quand même le snowboard. La vitesse, la hauteur, la traînée de neige qui se soulève au passage de la planche. Dommage qu’il faille attendre l’hiver pour en profiter. Je me demande si nous aurons un jour de quoi faire du skateboard.» 

« Je serais bien incapable de te le dire. En tout cas, tu as l’air bien fier sur ta planche. Tes prouesses ont portées leurs fruits au moins ? »

« Au poil. Quand Rosaria est revenue, elle m’a vu sur ma planche et est venue encourager mon effort. J’ai fait quelques figures pour l’impressionner un peu plus et je suis descendu la rejoindre. Et elle était très impressionnée. »

« Je vois que tu t’en sors pas trop mal à ce jeu. Tu pourrais avoir n’importe qui. »

« Sauf la personne qui a précédée Rosaria apparemment. »

« Je l’avais presque oubliée celle-là. Bon oui, sauf elle. Mais tout le monde ne peut pas être aussi réceptif. Il y a des gens très fermés tu sais. »

« Oserai-je dire coincé ? »

« Elle t’a invité à sa fête d’Halloween, elle a l’air de savoir se lâcher aussi. »

« Tu veux dire la fête où elle a passé la soirée dans la cuisine et où un invité a passer la soirée devant la télé. Euh, c’était pas vraiment une fête d’enfer. Et puis je n’ai rencontré personne de vraiment intéressant là bas. »

« Elle a essayé au moins. »

« Pour en revenir à mon rendez-vous, je suis en suite passé aux choses sérieuses. »

« Ah ? »

« Je lui ai demandé si elle voulait que nous officialisons notre relation. Il n’y a pas de temps à perdre et il était plutôt clair que nous sommes fait l’un pour l’autre.

« Si tu savais le nombre de gens qui sont aussi sûr que toi et dont la relation se termine de la manière la plus horrible qui soit. »

« Merci encore une fois pour ces mots encourageants. Tu sais toujours quoi dire dans n’importe quelle situation. »

« Je le répète encore, je ne veux juste pas que tu te fasses d’illusion. »

« Laisse-moi faire des erreurs. Laisse-moi vivre ma vie. Cela sera uniquement ma faute si je me prends les pieds dans le tapis. »

« Je tiens quand même à ta rappeler que parmi tous les buts ultimes de ta vie, il y en a un que je t’ai fixé et que que j’aimerai bien se voir réaliser avant ta mort. Tu as une seule chance pour réussir et une fois qu’elle est passée, il n’y a plus qu’à tout recommencer avec un autre. »

« Tu me remplacerais comme une vieille chaussette ? »

« Cela ne sera pas facile, mais si j’ai le courage de le faire, je le ferai. Mais je choisirai quelqu’un d’un peu moins têtu cette fois. Pour augmenter mes chances de réussites. »

« Tu penses sérieusement que je n’y arriverai pas ? »

« Non je pense sérieusement que tu y arriveras, j’espère juste que tu pourras en profiter un minimum. C’est pour cela que je te pousse de temps en temps. »

« Ne t’inquiètes pas j’ai les choses bien en main. Et puis elle a accepté ma proposition sans hésitation. Donc je ne me fais pas de soucis. Prochain étape, la faire emménager avec moi. »

« Pas de demande en mariage ? »

« Qui a dit qu’il y avait besoin d’être marié pour vivre heureux et s’aimer. Et puis ça n’apporte pas beaucoup d’avantage en ce bas monde. »

« Bref, la soirée c’est plutôt bien passé et maintenant que nous étions officiellement ensemble, il était certain que nous nous reverrions très vite. Mais pour immortaliser ce moment, on a fait une petite photo avec mon téléphone. »

« J’espère que tu as un téléphone de qualité, sinon tu vas pas pouvoir faire grande chose de ta photo. Elle sera toujours bonne à utiliser pour en faire une photo de profil. Ou si tu y ajoutes pleins de filtres, ça se verra peut être moins.»

« Bien sûr que j’ai ce qu’il faut. Dernier cri. Moins d’une milliseconde pour prendre la photo et pleins de mégapixels pour qu’elle soit mégabien. »

« Il n’y a pas que ça qui compte tu sais. La personne qui tiens le téléphone joue aussi beaucoup dans la qualité de la photo. Il y a photo et photo. »

« T’es un snob de la photo ? Pas besoin d’avoir pris un cours de photographie pendant dix ans pour faire une photo de deux personnes. »

« Il suffit de ne pas être très doué. Un doigt qui traine, une main qui tremble et la photo est totalement ratée. »

« J’ai quelques notions d’art je te rappelle. »

« Tu veux parler des tes supers croquis et tes magnifiques peintures ? »

« Avoue que tu aimes bien les sculptures ! »

« Bon je l’avoue, certaines de tes réalisations sont vraiment sympathiques. Mais pour ce qui est de la peinture… Et puis sculpter est un peu différent de prendre une photo avec son appareil sans avoir rien pour cadrer. »

« Mauvaise langue. La voilà ma photo. Alors, pas mal non ? »

« Un point pour toi, tu t’es pas mal débrouillé. »

« Une photo que l’on pourra montrer aux enfants et aux petits-enfants sans rougir. »

« Un peu quand même, pas sûr qu’ils aient envie de voir leurs parents ou leurs grand-parents comme ça. Tu sais comme ils peuvent être à ce sujet quand il s’agit de leurs ancêtres. Peut être la descendance quand vous serez mort et enterrés et que les photos seront en 3D et projetées comme des hologrammes. »

« Dans un futur très lointain alors. On peut revenir au présent ? »

« Pas de problème. Mais encore une remarque sur ça ! Vous pensez déjà aux enfants ? Pas de mariage mais des enfants ? C’est plutôt bon signe ! Il y en a combien de prévu ? »

« On en a pas encore parlé mais je pense qu’on est sur la même longueur d’onde à ce sujet. »

« Comment tu peux savoir ça ? Tu n’es même pas allé chez elle ! Tu me cacherais pas quelque chose ? »

« Non pas du tout. Je dis juste qu’elle a l’air d’être le type qui adore les enfants. Suffit de l’observer un peu et on peut voir qu’elle a ça dans le sang. »

« Si on en croit certains, toutes les femmes ont ça en elle. L’instinct maternel qu’ils appellent ça. »

« C’est plus que ça. Bref, tu verras bien que j’ai raison. »

« Tu as l’air vraiment sûr de toi, cela m’intrigue. »

« Allez, dis moi tout ! »

« Je n’ai absolument rien à dire. »

« Bon et ensuite ? »

« Ensuite chacun est rentré chez soi. »

« Et maintenant ? »

« Je croyais que tu savais tout ? Apparemment ce n’est pas le cas. »

« Je veux des détails. Alors, il s’est passé quoi ensuite ?»

« Je te raconterai la prochaine fois, j’ai des courses à faire. »

« Des courses ? J’ai vraiment l’impression qu’il y a quelque chose que tu ne me dis pas. »

«  Tu sauras la prochaine fois. »