16. Heureuses nouvelles

« Antonio a l’air bien soucieux de son apparence. Un rendez-vous avec une demoiselle en vue ? »

« Comme si il allait nous le dire. »

« Ah ces ados, ils sont bien difficiles à comprendre. »

« Il aime juste se dépenser c’est tout. »

« Et si ça peut aider à trouver quelqu’un, ce n’est pas un mal ! »
« Et pendant ce temps, tu dors. Ce qui est sûr ce que ce n’est pas toi qui a montré l’exemple à ton fils.»

« Il faut bien que je me repose de temps en temps. C’est fatiguant de te supporter tout le temps. »

« Ah ben merci. »

« Tu l’as bien mérité, t’es pas sympa tout le temps avec moi. »

« Bon et bien ton fils semble vraiment intéressé par son apparence. Et c’est officiel, tu es le seul de ta famille encore au lit.»

« Exactement ce que je disais. »

« C’est pour toi que je dis ça. Il ne faudrait pas que tu regrettes de ne pas avoir passé plus de temps avec ta famille plus tard. »

« Il me reste encore beaucoup de temps, ne t’en fais pas pour moi ! »

« Si tu le dis. En tout cas j’aimerai bien savoir ce que ces deux là mijotent. »
« Ah enfin debout. C’est bien de voir que tu t’occupes un peu de la maison. »

« Antonio est à l’école, Rosaria au travail. C’est donc à moi de m’occuper des corvées aujourd’hui. Ça ne serait pas très sympa de leur laisser tout à faire lorsqu’il rentre. »

« Je ne comprendrais jamais cette famille. Je vous vois rarement tous ensemble mais parfois vous avez ces petites attentions qui donnent l’impression que vous être une famille très soudée. »

« On est très soudée. On a juste pas besoin d’être collé les uns aux autres 24/24h. »

« C’est un peu sombre comme tableau. C’est un portrait de Rosaria.

« Oui. Et je te l’accorde, c’est un peu sombre. Mais c’est le mieux que je puisse faire actuellement. »

« Et ce tableau est cent fois mieux que ce que tu as pu faire jusqu’à maintenant. Finalement, on a l’impression que ce n’est pas un enfant de 6 ans qui l’a peint. »

« Tu penses que ça va lui plaire ? »

« Aucune remarque sur ce que je viens de dire ? Tu dois vraiment vouloir lui faire plaisir ! Attends, tu ne me cacherais pas quelque chose toi aussi ? »

« Pas du tout. »

« J’ai comme l’impression que c’est exactement le contraire ! »
« Ça avance ton bricolage ? »

« Plutôt bien. »

« Vu l’heure, Rosaria et Antonio devraient être rentrés. Tu ne veux pas aller passer du temps avec eux ? »

« Ils dorment à l’heure qu’il est. Et puis je veux finir ça ce soir. Rosaria ne travaille pas demain et j’aimerai bien avoir un peu de temps à lui consacrer. »

« Je vois que tu m’écoutes encore parfois. Ne reste pas debout trop tard, sinon tu vas passer ta journée au lit au lieu de passer du temps avec ta femme. »

« Ça dépend où elle passe sa journée. »

« … »
« Oh c’est donc ça que tu avais en tête hier ? Tu as prévu une journée romantique pendant au’Antonio n’est pas là ? Tu as vraiment pris à coeur ce que je t’ai dit. »

« Ah non, j’avais prévu cette journée depuis très longtemps. Je n’ai jamais eu le temps de le faire c’est tout. Mais j’approche de mon but, je peux relâcher un peu les efforts et me concentrer sur autre chose. »

« En tout cas, elle a l’air ravi ! »

« Attends un peu qu’elle voit la suite ! »

« Tu m’intrigues ! »
« C’est bien ce que je crois ? »

« Ça dépend ce que tu crois. »

« Ne fait pas l’imbécile, tu sais très bien ce dont je parle. »

« Si tu penses à une demande en mariage, tu penses bien. Sinon… Surprise ! »

« Tu t’es enfin décidé ! Il était temps. Je suis sûr que Rosaria doit se dire la même chose. Et Antonio aussi. »

« Tu veux pas te taire un peu ? »

« Je t’en prie ! »

« Tu n’as pas l’impression que tu es en train de gâcher mon moment avec tes commentaires ? »

« Oups, pardon ! »
« Alors elle a dit quoi ? »

« Oui bien sûr ! »

« Ah bonne nouvelle ! Vous êtes mignon comme ça tous les deux ! Le mariage est prévu pour quand ? »

« Tu permets, ça fait à peine 5 mn qu’on est fiancé ! Tu crois qu’on a déjà commencé à parler de ça ? Pour l’instant on apprécie le moment. »

« Je dois être trop impatient. Depuis le temps que j’attends ce moment. Il est temps que Rosaria fasse vraiment partie de la famille. »

« Bon c’est gentil de nous avoir laissé tranquille tout à l’heure, mais si tu pouvais recommencer… »

« Je te dérange tant que ça ? Je vais aller faire un tour et je reviendrais quand tu seras de meilleur humeur… »

« Si tu continues comme ça, je risque de vraiment être de mauvaise humeur ! »

« Vous avez envoyé votre fils voir ailleurs pendant que vous êtes occupés à célébrer ? »

« Non c’est son jogging quotidien ! Je t’ai déjà dit qu’il était très sportif. »

« Je vois ça. Il en a du courage. C’est pas évident de se lancer comme ça. »

« C’est mon fils ! »

« Ça on le savait déjà. Mais ça ne veut rien dire. Tu peux avoir toutes les qualités du monde et tes enfants un caractère exécrable. »

« Tu voulais pas aller faire un tour en attendant que je sois de meilleur humeur ? Parce que là je sais qu’elle n’est pas très bonne. »

« Tu te mets au jogging aussi ? »

« Non j’ai une course urgente à faire. Le taxi m’attends déjà, je me dépêche pour le rejoindre. »

« Et tu laisses Rosaria toute seule ? Je croyais que tu avais prévu toute une journée ? »

« C’est un imprévu. Un client qui veut que je passe chez lui pour une commande. Il est prêt à payer une grosse somme. Je ne peux pas laisser passer cette opportunité. C’est un pas de plus dans la réalisation de mon rêve. »

« Dis comme ça, je ne peux rien dire de plus. »
« Alors ? »

« C’est qui le plus fort ? »

« Si tu poses la question, je dirais que c’est toi ? J’ai tort ? J'en déduis que ton rendez-vous s'est plutôt bien passé. »

« Oui. Et Bravo ! »

« J’ai gagné quelque chose ? » 

« Je n’ai rien à t’offrir que tu n’as pas déjà. »

« Un mariage ? »

« C’est prévu. »

« Pour quand ? »

« Toujours aucune réponse à te donner. Mais crois-moi, quand on en saura plus, tu seras le premier informé ! Déjà, j’ai gagné un peu d’expérience et beaucoup d’argent pour préparer une belle cérémonie. »

« La journée n’aura pas été perdue. »
« Antonio aime faire travailler son corps et son esprit. Ta famille va avoir un avenir radieux. J’ai hâte de voir ce que ça donnera dans une dizaine de générations. »

« On sera sûrement très riches, beaux et intelligents. »

« Et vous aurez l’impression de vivre dans une série télévisée ? »

« Si il ont de la chance, ils auront trouvé un moyen de se débarrasser de toi ou de te faire taire quand tu deviens trop embêtant. »

« Ce n’est pas très gentil ça. »

« Je sais, excuse-moi. »

« Excuses acceptées. De toute manière, la seule raison pour laquelle je pourrais ne pas être présent dans leur vie est qu’ils ne sont pas en vie non plus. »

« Aucune chance que ma lignée s’arrête comme ça. » 

« Il ne faut jamais dire jamais. Tout peut arriver. Mais l’avantage de m’avoir dans ta vie, c’est que je ferais aussi attention que cela n’arrive pas. »

« Bon dans ce cas, je retire que ce j’ai dit. Mais tu as intérêt à respecter ton engagement. »

« Je vais faire tout mon possible ! »
« Il va falloir avoir une conversation avec ton fils. Il ne pense qu’à parler de son corps. »

« Je suis déjà en conversation avec lui. On dine ensemble je te signale. D’ailleurs tu remarquera qu’on passe du temps ensemble. »

« De là où je suis, j’ai plus l’impression qu’il parle et que tu écoutes. »

« Il a l’âge. Les hormones tout ça… »

« Il ne faudrait pas qu’il devienne tellement gonflés qu’on a l’impression qu’il va exploser. »

« Tu feras attention à ce que ça n’arrive pas de tout façon. N’oublie pas ce que tu m’as promis. »

« Je vais essayer, mais c’est le genre de choses sur lesquels j’ai peu de contrôle. Surtout si je ne peux pas communiquer avec lui. »

« Bon pour cette fois, je veux bien t’aider, mais il faudra que tu trouves un moyen de te faire comprendre quand je ne serais plus là. »

« Tu pourrais commencer par lui parler de moi, ça pourrait aider. »

« On va attendre un peu. Je suis fatigué. Il faut être en pleine forme pour ce genre de conversation ! »

« Déjà debout ? Je croyais que tu étais fatigué ? »

« Chut, tu vas réveillé Rosaria ! »

« Aucune chance, elle ne peut pas m’entendre, tu te souviens. Tu n’es pas trop réveillé on dirait. »

« Non pas vraiment. »

« Pourquoi tu es debout alors ? »

« Je ne me sens pas très bien. »

« J’espère que ce n’est rien de grave. »

« Tu peux pas me dire, toi qui c’est tout ? »

« Maintenant que tu le dis, j’ai peut être une petite idée. Mais je te laisse découvrir. »

« Nooooooooonnnnnnn. »

« C’est bien ce que je pensais. Il est temps pour toi de passer à l’étape suivante de ta vie. »

« Mais je suis vieux. Regarde ça ! Pourquoi tu ne m’as pas prévenu ? »

« Cela aurait changé quelque chose ? »

« Non mais j’aurais pu me préparer psychologiquement ! »

« Tu peux le faire maintenant. Et puis ça ne change pas grand chose tu sais. Tu es toujours le même ! »

« Plus lent à faire les choses et avec une vessie moins fiable. Je ne dirais pas que c’est exactement la même chose. »

« Retourne te coucher, tu auras le temps de réfléchir à tout ça demain. Et tu prendras ça peut être beaucoup mieux une fois que tu seras reposé. »