69. Love child

« Ben tiens, voilà qu'elle se lance des confettis. Généralement ce sont des fleurs, mais pourquoi pas …»

« Arrête, tu sais très bien ce que ça veut dire !»

« Malheureusement... Iain a une raison de plus d'être enchaîné à cette femme.»

« Tu ne l'accepteras jamais la pauvre.»

« Si elle fait ses preuves peut-être que…»

« Vu comment tu n'arrêtes pas de la rabaisser, je doute que tu changes d'avis soudainement... Elle t'a rien fait la pauvre pourtant.»

« Je sais mais je me méfie.»

« Il serait temps d'arrêter de se méfier tu ne crois pas ?»

« On ne va quand même pas avoir la même conversation à chaque fois. Tu sais ce que je pense, je sais ce que tu penses et ça n'a pas l'air de bouger. Il va falloir faire avec.»

« Surtout que là…»

« Malheureusement…»

« Pfff !»

« Remarque il y a encore un espoir que Iain réagisse mal et la mette dehors !»

« T'aurais pas pu trouver quelque chose de plus ridicule à dire ? Pourquoi il réagirait mal ?»

« Je ne sais pas, peut-être qu'il ne veut pas d'enfants ?»

« Après s'être occupé de son petit frère pendant tout ce temps ?»

« Il y a des gens qui ne supportent que les enfants des autres.»

« Je ne sais même pas pourquoi je discute encore avec toi. Quoi qu'elle fasse, elle a tort.»

« Elle n'a pas tort. C'est juste que …»

« ... Tu te méfies.»

« Exactement.»

« Ça m'aurait étonné.»

« Dommage pour toi, il a l'air très excité.»

« Je dirais même plus qu'excité !»

« Tu dois être super déçu.»

« Un peu, mais je suis content aussi.»

« Quoi ? Qu'est-ce que j'entends ? Toi ? Content ?»

« Oui.»

« Mon dieu !»

« Ça va hein ! Je ne suis pas si terrible que ça !»

« Avec tout ce que tu dis sur Alice, on pourrait penser que ça serait presque la fin du monde.»

« Et bien d'un côté, ça me fait de la peine parce que quand elle dévoilera sa vraie nature, Iain aura beaucoup de mal à la sortir de sa vie avec un enfant, tout ça... Mais d'un autre côté, je suis content pour lui. Et j'ai hâte de rencontrer son fils. Ou sa fille.»

« Il n'y aura aucun problème. Tu te fais du soucis pour rien.»

« Ah ! Tu reconnais enfin que je ne dis pas ça juste pour le plaisir.»

« Je sais toujours que tout ce que tu fais c'est pour notre bien. Mais parfois, tu en fais beaucoup trop.»

« Pour le coup, je m'inquiète vraiment. Pourquoi elle fait cette tête ?»

« J'en sais rien moi, j'étais trop occupé à t’écouter.»

« Peut-être qu'il vient de la quitter ? Que son plan tout le long c'était juste de lui faire un enfant.»

« Tu recommences à délirer.»

« Pas délirer. Rêver tout haut.»

« Je vois vraiment pas la différence.»

« La différence c'est que je suis pas en train de délirer.»

« Je vois toujours pas la différence.»

« Ils font quoi alors ? Si c'est vraiment trop délirant ce que je dis.»

« Ben je sais toujours pas, vu que je parle toujours avec toi.»

« Au moins avec Eòin tout est plus simple.»

« Parce que tu trouves que c'est compliqué avec Iain ?»

« Un peu. Je peux pas m'empêcher de m'inquiéter pour lui.»

« Ou de t'acharner sur Alice.»

« Je croyais que tu avais compris …»

« ... Que tu te faisais du souci ? Oui. Mais je trouve quand même que tu t'acharnes contre cette pauvre Alice qui n'a absolument rien fait jusqu'à présent qui pourrait te donner raison.»

« On verra. En attendant, j'ai décidé de porter mon attention sur Eòin. Après tout, c'est lui l’héritier.»

« Ah donc, comme Iain fait pas les choses comme t'aimerais, tu le laisses tomber ?»

« Disons que je suis moins stressé quand on parle de d’Eòin.»

« Ok, ok. Moi j'aime parler des deux, donc si tu ne veux parler que d'Eòin ça ne me dérange pas.»

« On reparlera de Iain mais là j'ai eu mon compte. Si seulement on pouvait parler de lui sans penser à Alice.»

« Ça risque d'être de plus en plus compliqué.»

« En tout cas, je suis content des progrès d'Eòin. Ses tableaux sont vraiment meilleurs.»

« Simples mais meilleurs effectivement.»

« Dis donc, tu te mets toi aussi à critiquer ses œuvres ?»

« Pas du tout.»

« Excuse moi mais tu viens de dire que tu trouvais ses toiles un peu simples.»

« Il faut bien commencer quelque part.»

« J'ai comme l'impression qu'il y a une inversion des rôles.»

« Ne t'emballe pas. Je ne vais pas me mettre à critiquer Alice tout à coup.»

« Ça, ça m'arrangerait bien !»

« Tu peux le rêver tout haut si tu veux …»

« Très drôle.»

« Tu penses qu'ils vont attendre encore combien de temps avant de passer la seconde ?»

« Je ne sais pas, laisse leur un peu de temps.»

« Ils ont quand même eu tout le temps de le prendre. Ça fait un moment qu'ils se connaissent.»

« Ça va venir. Je suis sûr qu'ils vont bientôt s'en rendre compte.»

« Mouais.»

« Surtout qu'ils vont se voir encore plus souvent maintenant.»

« Plus souvent ?»

« Ben oui. Avec la galerie qu'Eòin veut ouvrir, il aura besoin d'un coup de main. Et elle s'est proposé pour être son assistante.»

« Je savais pas ça.»

« La galerie ?»

« Non ça j'en avais entendu parler. Je parle du poste d’assistante.»

« Parce qu'il vient de lui proposer. Et qu'elle vient d’accepter.»

« Je suis tellement fier de lui. Tu te rends compte ? Une galerie à notre nom.»

« Enfin quelqu'un qui nous fait avancer.»

« Faut bien qu'il avance dans quelque chose. Parce que côté cœur , c'est pas comme ça qu'il va avancer malgré ce que tu dis.»

« Non mais regarde un peu comment elle le dévore des yeux.»

« Alors ça c'est un regard subjectif mais pas celui de la dernière fois ?»

« Ben oui, parce que la dernière fois, elle ne regardait pas celui qu'elle aime.»

« Et donc au lieu de passer un moment romantique, ils passent une soirée à jouer aux échecs ?»

« Ça ne devrait plus tarder, tu vas voir !»

« Comment tu peux savoir ça ?»

« Je le sens.»

« C'est long.»

« Et bien tu vois, c'est comme ça que c'est sensé se passer. Apprendre à se connaître avant de se jeter dans les bras l'un de l'autre. Ce genre d'histoires ne durent pas.»

« Et donc tu m'as jeté dans les bras de Marina pour ? Je pense qu'on a bien tenu la distance quand même.»

« À l'époque, tu habitais dehors, il n'y avait aucune chance qu'elle sorte avec toi pour ton argent.»

« Mouais.»

« Ça me paraît plutôt logique.»

« Si tu le dis. En tout cas, même quand on parle pas de Iain, tu remets le sujet sur le tapis.»