37. Getting married today

« Déjà ?!»

« Pourquoi attendre ? Antonio et Chantal veulent fonder une famille rapidement.»

« Depuis quand y a-t-il besoin d'être marié pour le faire ?»

« Pas besoin ! Mais ils veulent faire les choses bien.»

« J'aurais pensé qu'avec le temps, les enfants seraient moins portés sur la tradition, mais visiblement, je me trompe.»

« C'est moins facile d'organiser quelque chose plus tard. Ça coûte cher un mariage. Les enfants aussi. Il faut choisir.»

« On dirait que tu regrettes presque ton propre mariage.»

« Non, c'était parfait ! Mais j'essaie de me mettre à leur place. Si ils veulent bien faire, c'est maintenant !»

« Ils sont beaux tous les deux.»

« Oui.»

« Et ils ont l'air vraiment amoureux. C'est bien qu'Antonio l'est finalement trouvée.»

« C'est vrai que ça n'avait pas l'air gagné à la base.»

« Au moins, cela lui a permis de gagner un peu d’expérience.»

« J'ai bien cru qu'il allait baisser les bras. Je pris pour que les autres soient plus chanceux.»

« Rosaria semble bien partie pour suivre le même chemin.»

« Ne parle pas trop vite, elle a encore la vie devant elle.»

« Personne n'a l'air très heureux d'être là. On pourrait espérer voir quelques sourires quand même.»

« Les larmes de joie, tu connais ?»

« Et tu pleurerais pourquoi ? Tu ne les regardes même pas.»

« Oh ça va. Je me concentre pour pas pleurer justement.»

« C'est le fait que tu vas devoir payer tout ça qui te rend si triste ?»

« Antonio finance tout. Je ne débourse rien. Je suis juste tellement heureux de voir mon fils se marié que j'en pleure. De joie. C'est le principe.»

« Oh ça va, je te taquine. Moi aussi ça me fait quelque chose. Je l'ai suivi depuis tout petit. Et maintenant il va fonder sa famille. Ça me frappe seulement maintenant. C'est curieux quand même !»

« Ce sont tous ces changements à la maison. Tout d'un coup, ça fait trop.»

« On arrête pas le temps qui s'écoule. Attends un peu ça va se stabiliser.»
« Mais j'y pense ! C'est la première fois que tu maries un membre de ta famille ! Tu n'as jamais pu assister au mariage d'Antonio et Brenna.»

« Non, merci de remuer le couteau dans la plaie.»

« Ce n'est pas comme si c'était ta faute non plus.»

« Oui mais quand même. Je m'en veux de ne pas avoir plus tenu.»

« Ce sont des choses que personne ne peut prévoir.»

« Non mais quand même, non seulement je n'ai pas assisté à son mariage, mais en plus je suis mort pendant son premier spectacle. Je n'ai même jamais pu lui dire ce que j'en avais pensé.»

« Il le sait, ne t'inquiètes pas pour ça. Et puis c'est du passé. Tu es là maintenant !»

« Tu as raison. Il vaut mieux que je me concentre sur le présent.»

« Je trouve ça mignon qu'ils aient choisi de faire ça ici. Là où toi et Marina vous êtes mariés.»

« Quel bon souvenir. C'est bien plus réconfortant de penser à ça.»

« Alors bilan de ce mariage ?»

« Tout le monde s'est bien amusé.»

« Ce n'est que le premier d'une longue série.»

« Si tout se passe bien, il en reste seulement 3.»

« Tu vivras peut-être assez longtemps pour assister à celui de tes petits-enfants.»

« Ça risque d'être difficile quand même.»

« Tu es encore jeune ! »

« Plus pour très longtemps. Mais c'est pas grave. Si déjà je peux tenir l'un d'entre-eux dans mes bras, je m'en contenterais.»

« Et ça ne devrait plus tarder !»

« Maintenant qu'Antonio est marié, effectivement. 

« Chantal vient de nous annoncer qu'elle était enceinte !»

« La nuit de noce a été productive !»

« Tu te rends compte ? Je vais être grand-père !»

« J'arrive pas à savoir si ça te fait plaisir ou non. Ton expression actuelle est plutôt dire à déchiffrer.»

« C'est l'émotion !»

« Encore les larmes de joie ?»
« On est passé des larmes à l'émerveillement !»

« Laisse moi m'imprégner de cette fantastique nouvelle !»

« Si je ne te connaissais pas, je dirais que tu es imprégné d'autre chose ?»

« Quoi ?»

« Jus de fruit ? Herbes ?»

« N'importe quoi !»

« Non mais regarde ton fils ! Lui au moins, c'est facile de savoir ce qu'il pense.»

« Tu sais bien ce que je pense, on en a déjà parlé plusieurs fois !»

« Marina n'est pas beaucoup plus facile à lire, mais je sens quand même un soupçon d'excitation dans son regard.»

« T'as fini de me dire comment je dois ressentir les choses !»

« Je me pose des questions, c'est tout !»

« Je ne contrôle pas les expressions de mon visage. Enfin pas totalement !»

« Ce qui me fait dire que peut-être tes sentiments sont autres que de que tu prétends !»

« Tu me connais, tu sais bien que je suis extrêmement heureux !»

« Mais oui, je te taquine. C'est tellement drôle de te voir dans tous tes états.»
« Mais c'est bien avancé dis donc !»

« Ben oui t'étais où ?»

« J'étais occupé.»

« À quoi ? Qu'est-ce qui est plus important que la naissance de mon premier petit-enfant ?»

« J'étais là pour le premier !»

« Merci de remuer encore une fois le couteau dans la plaie.»

« Désole, c'est sorti tout seul.»

« Mouais.»

« Antonio a l'air d'être aux anges !»

« Il l'est vraiment. Ça ne devrait plus tarder maintenant !»

« En fait, t'es parti pendant tellement longtemps que c'est déjà l'heure de son arrivée.»

« Sérieusement ?»

« Oui on attends l'ambulance pour partir à l'hôpital !»

« Vous partez avec eux ?»

« Non, on est juste venus en soutien en attendant !»

« Je ne peux que souligner le calme dont fait preuve Antonio. Je n'aurais même pas deviné que Chantal était sur le point de mettre au monde un enfant si tu ne m'avais rien dit.»

« Les cris de douleur auraient vendu la mèche.»

« Soit. Mais il est incroyablement serein.»

« C'est parce que ces parents sont là. On sait quoi faire en cas de problème.»

« Cela doit aider en effet. Mais en cas de complications, je ne sais pas si vous serez d'une grande aide. La dernière fois que j'ai vérifié, tu n'étais pas médecin.»

« On a quand même retenu quelques trucs au fil des années. Ça peut au moins être utile en attendant une personne plus compétente.»

« Tu les vois ?»

« Attends un peu, ils ne sont pas partis depuis très longtemps !»

« C'est long…»

« Ah ça y est ! Je vois Antonio !»

« Alors ?»

« Les nerfs ont fini par lâcher. Il court partout comme un dingue.»

« Il y a eu un problème ?»

« Non il se contente d'annoncer à qui veut bien l'écouter qu'il va être papa.»

« Ça c'est mon fils !»

« Effectivement, ça me rappelle vaguement un jeune Adam.»

« Alors ?»

« Antonio a trouvé le chemin vers la salle d’opération.»

« Et ?»

« Tout à l'air de bien se passer.»

« Et ?»

« Le docteur a l'air de savoir ce qu'il fait.»

« Et ?»

« Et il jette des regards pleins de reproche à Antonio. Ton fils ne tient pas en place, cela ne doit pas aider à se concentrer.»

« Et ?»

« Je n'en sais rien. Je ne suis pas médecin. Je me contente de regarder. Attends comme tout le monde !» 

« Tu me dis si …»

« Oui !»
« Ça y est. C'est fini.»

« Oui Antonio vient de nous appeler !»

« Donc je ne sers à rien ?»

« Tu peux célébrer avec moi !»

« De toute façon, je ne voulais pas en dire plus. Je préférais laisser Antonio le faire. Et si c'est déjà fait, c'est encore mieux !»

« J'en reviens pas ! La prochaine génération est déjà là !»

« Elle a pris son temps quand même. Quoi que. C'est allé assez vite ces derniers temps.»
« Souhait exaucé !» 

« Quoi ?»

« Ne voulais-tu pas tenir un de tes petits enfants dans tes bras ?»

« Si si !»

« Je me sens un peu comme ta marraine la fée.»

« Elles sont plus généreuses en général !» 

« Ne t'ai-je pas amener jusqu'à aujourd'hui sans encombre ?»

« Si mais ça aurait pu être plus facile.»

« Ce n'est pas facile la vie. Et qu'est-ce que cela serait ennuyeux si tous nos souhaits se réaliser. C'est justement le fait que cela soit si aléatoire qui rend ces moments encore plus savoureux.»

« Tu marques un point.»

« Alors qu'est-ce que ça fait de tenir sa petite fille dans ses bras ?»

« C'est un plaisir immense !»

« Comment s'appelle-t-elle au fait ?»

« Edith.»