64. You can't stop the beat

« Heureusement que son papa est là, parce qu’on pouvait toujours attendre sur Antonio. »

« Il vient de mourir, il ne va pas revenir tout de suite ! Sinon Ludovic ne pas va prendre la mort au sérieux. »

« C’est un peu dur de le faire quand on voit que votre esprit traine toujours à la maison. »

« Il fait quand même qu’il comprenne ce que ça veut vraiment dire. C’est important. C’est pas non plus comme si on déménageait dans la maison d’à côté. Qui sait combien de temps on pourra encore venir faire un tour. »

« Parce que quelqu’un va fermer la porte entre les deux mondes et jeter la clé ? »

« Qui sait ? Mais si un jour on ne pouvait plus venir, au moins il serait préparé. Et ça vaut aussi pour tous les autres. »

« C’est pour ça que tu t’es fait désiré ? »

« Quoi ? »

« Et bien tu as quand même mis un certain temps avant de pointer le bout de ton nez. »

« Entre autre. Ça et les retrouvailles avec Marina. Et un petit temps d’adaptation à ma nouvelle condition. Être mort, c’est pas tout à fait pareil qu’être vivant ! »

« Ah bon ? »
« En tout cas, Hélène s’est plutôt bien remise de la disparition de ses parents. Elle a trouvé des bras dans lesquels se blottir pour trouver du réconfort. »

« Mais pas du tout, c’est juste un collègue de travail ! »

« Heureusement que tu n’as jamais travaillé, parce que je n’ai jamais vu quelqu’un regarder juste un collègue de travail comme ça. »

« Ils sont très complices c’est tout. »

« Tu as quelque chose contre ce monsieur ou quoi ? »

« Non absolument rien. Je dis juste que tu tires des conclusions beaucoup trop vite. »

« N’importe qui aurait vu la même chose que moi. Je ne sais pas pourquoi toi tu vois autre chose. C’est peut-être juste par habitude de me contredire. »

« Tu crois ? Si je me mets à faire ça inconsciemment, on est pas sortis. »

« Cela peut toujours s’arranger ! »

« Ah oui ? Comment ? »

« Hum … je ne sais pas … Et si tu commençais par dire que j’ai sans doute raison. C’est déjà arrivé, tu sais comment faire. »
« Et là tu penses toujours qu’il ne se passe rien entre eux ? Certes ils ont été sages, mais je suis certain de comment les choses vont se finir. »

« Je ne peux plus vraiment nier sans avoir l’air d’un idiot. Mais je suis fier de ma petite fille. Elle fait ça bien et elle apprend à le connaitre avant de se lancer dans quelque chose de plus sérieux. »

« Les histoires entre collègues, c’est toujours compliqué quand ça se finit mal. »

« Pourquoi veux-tu que ça se finisse mal ? »

« Je n’ai jamais dit ça ! »

« Mais tu viens de dire que … »

« Je disais juste que c’est mieux qu’ils prennent leur temps parce que ça peut vite devenir compliqué après. Je pense qu’Hélène aime son travail, ça me ferait de la peine qu’elle décide de tout arrêter à cause d’une histoire ratée. »

« Et pourquoi ça serait elle qui partirait ? Parce que c’est une femme ? »

« Non parce que je l’ai assez observée pour savoir que c’est ce qu’elle ferait. Elle n’aime pas causer des vagues. »
« Ça n’aura pas duré trop longtemps. »

« C’est lui qui a proposé un rendez-vous galant. »

« Au musée ? Monsieur a du goût ou s’est renseigné sur la famille. En travaillant dans la police, ça ne doit pas être trop dur. »

« Il sait y faire avec les femmes. »

« Espérons qu’il sache toujours y faire après le premier baiser et que ce n’est pas un coureur de jupon. »

« Hé dis donc toi. Tu te moquerais pas de moi ? Quand c’est moi qui pose des questions, tu me reprends mais toi tu as le droit ? »

« Je pensais qu’ils allaient attendre un peu plus longtemps. »

« L’horloge tourne.  Pas le temps de discuter. »

« A t’entendre, il faudrait se jeter sur la première venue. »

« Non mais je rêve. Qui est-ce qui critiquait Iain parce qu’il trouvait pas assez vite quelqu’un ? »

« Je critique pas le fait de trouver quelqu’un de manière rapide, c’est surtout de se jeter dans les bras l’un de l’autre très vite que je questionne. Comment tu peux être sûr que c’est la bonne personne ? »

« Tu vas pas me dire qu’il en veut à se fortune lui aussi ! Parce que j’en ai assez entendu parler. »

« Mais non. Pour les hommes c’est tellement différent. Ce n’est pas forcément l’argent qu’ils recherchent. Juste le contact humain. Et puis une fois que c’est terminé, ils passent à la suivante. »

« Mais on est pas tout comme ça. »

« Mais je sais bien. Tout comme les femmes ne sont pas toutes vénales. Je dis juste qu’il faut se méfier. »

« En tout cas ça a l’air de bien se passer entre eux. »

« Le chef est au courant ? Généralement ce n’est pas autorisé ce genre de romance. »

« Et pourquoi ? »

« Pour des raisons de sécurité essentiellement. S’ils se retrouvent dans une situation dangereuse, est-ce qu’ils seront prêts à tout pour secourir les civils, même si ça implique de mettre en danger l’autre par exemple ? »

« J’y avais pas pensé.  Mais le problème ne devrait pas se poser puisqu’elle bosse sur le terrain mais lui est un technicien de laboratoire.  Il y a peu de chance qu’ils se retrouvent dans cette situation. »

« De toute façon, s’ils se permettent ce genre de geste d’affection au regarde de tous, j’imagine que le chef est au courant et qu’ils en ont parlé. »

« J’imagine aussi. »

« Tant mieux pour eux. J’espère maintenant que ça marchera. »

« Tu crois que je vais bientôt avoir des petits-enfants du coup ? Ça fait un moment qu’on a pas eu de nouveau membre dans la famille. »

« Ils viennent juste de se mettre ensemble. Ça serait un peu précipité non ? »

« Les divorces ça n’existe pas chez nous. »

« Ils ne sont pas mariés je te rappelle. »

« Ça ne saurait trop tarder. »

« Tu me fais peur parfois. »
« De toute façon, on dirait que ton souhait va se réaliser plus vite que prévu ! »

« Qui ? »

« Sybille ! »

« Mais depuis quand ? Je ne l’ai vu avec personne ! »

« A vrai dire, ça pourrait être n’importe qui. Je l’ai vu avec beaucoup de personne. »

« Qu’est ce que ça veut dire ça ? »

« Ça veut dire qu’elle aime bien les hommes mais qu’elle n’a forcément l’intention de s’en tenir à un seul. Et qu’un jour, il y a eu un accident ! »

« Mais je n’ai rien vu ! »

« Elle a très bien caché sa grossesse. Je crois qu’elle n’en a parlé qu’avec sa cousine. Elles habitent ensemble, elle aurait bien fini par se douter de quelque chose. Et le père. » 

« Ah donc tu sais qui c’est ! Il est comment ? »

« Ça a l’air d’être un original. Cheveux bleus, tout ça … »

« Bleu ? »

« Oui bleu. Ne me demande pas pourquoi ! »

« Mais elle l’a rencontré où celui-là ? »

« Dans sa boutique !’

« Mais ça lui arrive souvent ? »

« De rencontrer des hommes dans sa boutique ? »

« Cela dépend de ce que tu entends par rencontrer et souvent. »

« J’ai un peu de peur de connaitre la réponse. »
« J'espère que ce faut pas ne vas pas ralentir toutes ses ambitions la pauvre. Elle va avoir bien du mal gérer sa boutique avec un plus un enfant à charge.»

« C'est pas comme si il restait bébé bien longtemps. Elle peut bien repousser ses plans de quelques jours.»

« C'est vrai. Et puis au moins une fois que c'est fait, elle peut se concentrer à nouveau sur ses ambitions.»

« Faut quand même qu'elle continue à s'en occuper après tu sais !»

« Mais oui je sais. Mais déjà elle a pas d'homme à satisfaire en plus. Enfin, seulement quand elle est d'humeur. Elle a peut-être trouver le plan idéal.»

« Idéal, idéal…»

« Non mais regarde Sienna et Calum, ils ont beau y mettre tout leur cœur, on ne peut pas dire que niveau carrière ça avance très vite.»

« À quoi ça sert de se presser ?»

« À être satisfait.»

« Ils ont d'autres choses dans la vie qui peuvent les satisfaire.»

« Ou les distraire. Je le répète, leur décision était précipité et maintenant ils ont gâché toutes leurs chances de réussir. Après l'emménagement, un mariage le lendemain et les bébés dans la foulée ? »

« Je suis content qu'ils aient leurs priorités dans le bonne ordre. La famille d'abord !»

« Ils ne sont même pas encore de la même famille.»

« Tu disais ?»

« Oh mon dieu. Mais les freins ne marchent pas ou quoi ?»

« S'ils sont sûrs pourquoi attendre ?»

« Pour être vraiment sûr ? Il ne se connaissent pas depuis très longtemps.»

« Tu ne décides pas vraiment quand l'amour te tombe dessus. Et quand ça arrive, tu sais. Alors pourquoi attendre quand tu sais déjà comment tout ça va finir. Ça ne sert à rien de perdre du temps.»

« Quand on voit le taux de divorce dans les mariages, on peut se demander si les gens savent vraiment. Ou si ils ont jamais vraiment su. Et toute ces bêtises ont été inventées pour forcer les gens à accepter leur sort quand le divorce n'était pas aussi facile.»

« Je me demande vraiment où tu vas chercher tout ça.»

« Discuter avec toi me fait réfléchir.»

« Tu devrais peut-être éviter alors. Parce que si c'est pour raconter des bêtises comme ça.»

« Qu'est-ce ce qui te fait dire que ce sont des bêtises ?»

« Déjà, parce que tu trouverais n'importe quelle excuse pour désapprouver leur choix. Et ensuite parce que depuis que je suis en vie, ici ou avant, je n'ai jamais vu un seul divorce.»

« C'est parce que j'ai accès à plus d'informations que toi.»

« De toute manière, jamais je ne penserais que l'amour est une bêtise. Je l'ai trouvé deux fois, je sais de quoi je parle.»

« Tu oublies que j'étais quand même là pour t'aider. Tout le monde n'a pas cette chance.»

« Ils ont moi maintenant. Et j’approuve.»

« Si tu approuves alors…»

« De toute manière, il va falloir t'y faire, j'ai l'impression que Sienna ne sera pas seule à se marier bientôt.»

« En fait ils font tout tous ensemble. Je dois en déduire que un d'entre eux manque d’originalité et copie tout sur l’autre.»

« Je trouve ça mignon moi.»

« Tu dis ça parce que ce sont tes petits enfants.»

« Non. J'aime bien les mariages.»

« Excuse-moi, j'ai failli m'étouffer. Toi qui a mis je ne sais combien de temps pour te marier, les deux fois, et qui râlait au mariage d'une de tes filles ?»

« Ça n'a rien à voir. Dans un cas je voulais pouvoir prendre le temps de le faire convenablement, dans l'autre il était quand même très tôt !»

« Toi aussi tu es prêt à trouver n'importe quelle excuse pour te justifier.»

« Pas du tout ! Je suis vraiment content pour eux.»

« On en reparlera à l'heure de faire le bilan.»

« Je suis confiant. Je suis sûr d'avoir raison et tu vas me devoir des excuses !»

« Des excuses ? Mais pour quoi ?»

« Parce que c'est pas très sympa de vouloir te mettre en travers de leur bonheur !»

« Mais je ne veux que leur bonheur !»

« Alors arrête de râler et laisse les faire.»