Jour 430

J'aimerai me dire qu'on s'est pas trop mal débrouillés pour élever Émilie malgré tout ce qui lui ait arrivé mais c'est un mensonge.
On a jamais vraiment réussi à ouvrir le dialogue avec elle et maintenant qu'elle est ado, je ne pense pas que c'est le moment où ça commencera. On sait tout comme ils peuvent être difficile, alors si en plus il y a un traumatisme d'enfance qui entre en jeu.
Il faut dire que le contexte actuel fait que l'ambiance à la maison n'est pas franchement chaleureuse et qu'on s'approche très dangereusement des températures glaciales.
Malgré tous mes efforts, ce n'est pas l'idéal pour discoure avec une petite qui vient de voir ses parents mourir dans d'horribles circonstances, surtout quand la mention même de cet incident provoque une montée de colère chez certaines habitantes de cette maison.
Alors on se tait et on ne parle pas et dans les rares occasions où tout risque est écarté, on ose pas l'aborder, par lassitude.
Mais je ne vais pas me cacher entièrement derrière tout ça. J'avoue qu'il y a aussi un peu de peur. Peur de mal m'y prendre et de ne faire qu'empirer les choses plutôt que de les arranger.
Malgré tout ça, Émilie est devenue une personne fonctionnelle, au moins en apparence.
Comme maman, elle a été marquée par les événements qui sont arrivés mais elle ne les laisse pas transparaître. 
De toute façon, ce n'est pas comme si elle pouvait en parler à qui que ce soit.
Aux yeux du monde, elle est toujours notre fille, au moins jusqu'à ce qu'on puisse rétablir la vérité sans craindre que tout ne nous retombe dessus et qu'on ne puisse plus rien faire pour effacer les mensonges qui auront définitivement le nom de ses parents