Jour 323

Les dernières mots d'Olivia n'auraient pas pu être mieux choisis. 
Pour le reste, elle avait tort. Sa fille n'a pas changé d'avis et elle n'a pas l'air de vouloir le faire incessamment sous peu. 
Suite à tout ça, c'est donc moi qui ait récupéré ce journal. Je ne sais pas trop pourquoi, d'ailleurs. Il lui rappelle peut-être les derniers mots échangés avec sa mère et elle a voulu s'en débarrasser pour ne pas avoir à y repenser. Et ne pas être tentée de suivre les dernières volontés de sa mère en repentance. 
Il est clair qu'elle ne veut pas en entendre parler et ne veut pas avoir à faire avec les affaires de famille. C'est dommage de se quitter sur une note si négative. Mais avec le temps, elle va lui pardonner, je pense. La question est : arrivera-t-elle à se pardonner ? 
J'ai essayé de lui en parler, mais elle ne veut pas en parler du tout.
Si j'avais pu, je m'en serais bien occupé moi-même pour la soulager. Mais Olivia n'a précisé nulle part les détails de son plan et les références sont plutôt obscurs pour moi. Je ne suis pas dans cette famille depuis assez longtemps pour tout saisir sans explications.
La lecture de ce journal me donnera peut-être quelques pistes.
C'est marrant quand même, j'ai perdu la tête d'une multinationale créée par ma grand-mère mais j'ai hérité à la place de quelque chose de bien plus précieux à mes yeux.
Être assise devant un bureau, donner des ordres et prendre des décisions toute la journée, ce n'est pas vraiment mon truc. Mais avoir accès à des information sur mes racines et participer à écrire son histoire, ça c'est intéressant.
Parce qu'en grandissant comme je l'ai fait, avec une mère elle-même sans famille et qui refusait de m'en dire plus sur mon père, c'est un sujet qui m'a toujours fasciné.
J'ai toujours rêvé de pouvoir remplir la branche manquant de mon arbre généalogique.
Et si en arrivant ici, j'ai pu en remplir une partie, ce journal va me permettre d'en connaitre encore plus. Et d'apprendre à les connaître comme si j'y étais. 
C'est un vrai miracle qu'il soit arrivé jusqu'à nous, si j'en crois le monde de transmission un peu chaotique. 
Alors je vais en prendre soin et faire de mon mieux pour poursuivre le travail qui a été débuté depuis tant d'années et advienne que pourra. Plus tard, quelqu'un pourra apprendre à me connaître moi aussi.